Marguerite DIDI
Je suis la troisième fille d'une famille de huit enfants. Nous étions cinq filles et trois garçons. Ma soeur aînée, prénommée Marcelle, après son certificat d'études qu'elle avait eu à onze ans, apprit la couture chez une grande couturière de la région et devint couturière à son tour ! Ma soeur cadette, Henriette, avait obtenu des bourses mais à l'époque, il fallait rêver pour penser qu'une jeune fille pouvait aller étudier ailleurs que dans sa ville. Aussi était-elle allée à l' école Italienne de couture qui existait à Sfax. Là, elle apprit la broderie. La troisième fille, moi-même, avait pour prénoms Margot Gamara ( Gamara signifie lune en Tunisien) et obtint le certificat d'études. En effet, en Tunisie, il fallait donner à chaque enfant un prénom français et un prénom tunisien qui précédait le prénom français. Deux soeurs institutrices avaient une sœur de mon âge qui se destinait également au professorat. Elles ont suggéré de me laisser aller en secondaire avec elle. Ce qui fut fait. Ainsi,je suis entrée à l'Ecole Supérieure des Filles, les lycées n'existaient pas encore, là-bas. Après le certificat, c'était l'Ecole Supérieure des filles ou celle des garçons. De fait, j'ai passé dans cette école de filles les classes de 6ème, 5ème, 4ème et 3ème… sachant qu’après ce qui était arrivé à mon père, je devrais travailler (j’y viendrai plus tard). J'ai appris la sténo « Prévost de Launay » et la dactylo. Et, à la fin de la seconde, j'ai trouvé un emploi à La Banque Nationale pour le Commerce et l'Industrie. En été, nous faisions une "séance" unique, c'est-à-dire que les horaires où nous travaillions étaient de sept heures du matin jusqu'au début d'après-midi, treize heures, et nous étions libres ensuite. L'après-midi, il faisait bien plus chaud. Aussi, avec mon amie Marie, nous allions à la plage. Nous nous baignions ou nous nous nous promenions. Ma cousine et moi donnions des cours de dictée et de calcul à des fillettes dont les parents nous avaient contactées à l'avance pour cela. Ceci nous permettait d'avoir de l'argent de poche. Nous buvions des verres de citronnade fraîche ou des verres d'orgeat... je préférais l'orgeat. La quatrième fille, Jeanne avait appris un peu de couture mais cela ne dura guère car elle était plutôt fatiguée. La cinquième fille, Nina, après être arrivée en troisième alla travailler chez "Sport et Confort", magasin de vêtements de sports et de musique. Le premier garçon dont les professeurs avaient voulu qu'il aille étudier ailleurs parce qu'ils le trouvaient très intelligent, dut, après ses examens, apprendre le commerce. Profession qu'il a exercé et qu'il exerce encore ce jour. Il ne faut pas oublier que nous étions à Sfax, en Tunisie, assez loin de la capitale. Les parents n'allaient pas lâcher aussi facilement le premier garçon qu'ils avaient eu après cinq filles. Quoi qu'il en soit, mes parents n'auraient jamais pu l'aider financièrement. Le septième enfant, Jacques, donc le second garçon, avait travaillé à la Banque de Tunisie. Puis, ayant rencontré son âme soeur, il s'est marié et ils sont partis vivre à l'étranger. Le troisième garçon, c'est-à-dire le huitième enfant, devint professeur de français. Nous avons d'ailleurs tous deux quelques affinités littéraires. Ma mère était bien sûr à la maison et mon père était tailleur. Alors que nous étions chez des amis sur la route qui mène à la plage, nous avons assisté à une bataille aérienne. Deux avions se poursuivaient sans cesse en se tirant dessus. Ce qui provoqua notre frayeur. Une femme qui était à terme, prise de peur, accoucha prématurément. Heureusement, sa mère était avec elle. A l'intérieur d'une maison, des persiennes sont tombées sur le lit, ne blessant personne heureusement... tant les tirs des avions étaient forts. Comme nous n’entendions plus rien,nous constations qu'un des deux avions était tombé à la mer. Après toutes ces émotions, sachant la femme et le bébé en bonnes mains, mon père nous amena finalement à la campagne, chez des personnes qu'il connaissait. Nous y avons passé deux ou trois jours... ensuite, nous sommes partis plus loin, dans une usine désaffectée où un monde fou était déjà réfugié. Chacun se débrouillait comme il pouvait. Il y avait peu de nourriture... un soir, un fracas épouvantable fit que les murs de l'usine ont bougé. Pour notre bonheur à tous, la bombe n'a pas explosé. Il faut croire qu’un ange avait déployé ses ailes au dessus pour éviter que la bombe n’explose. Les américains arrivaient et la joie se lisait sur tous les visages. Le cauchemar était enfin terminé. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- POEME NON PUBLIE "MA FILLE MALADE (GRAVEMENT)" Dans la chambre pleine de ton absence, Mon coeur s'envole sans cesse vers toi, Et étouffe ce lourd silence Qui par ta maladie pèse sur moi Les feux du souci rongent mon âme Depuis que sur ton lit de douleur Loin de nous, tu attises la flamme De mon coeur maternel qui retient ses pleurs. Parfois se joue un pauvre sourire Sur nos fronts anxieux et absents, Dès qu'un léger mieux nous parait suffire Tant on craint pour toi et qu'on prie en tremblant. J'ai senti tous les hivers du monde, Te voyant si mal, parcourir mon corps ! Malgré la chaleur de ma houppelande Des pièces chauffées, je tremblais si fort ! Pourquoi souffres-tu tant mon amour ! Tu n'as fait de mal à personne Mes larmes que je cache le jour Brûlent mon coeur et je frissonne ! Oh ! Que ce cauchemar finisse Et que tu quittes ce lit maudit ! Que tu reprennes avec délices Tous les tiens autour de toi la VIE
MERCI A :
Petits Tirages
SIRET 491 087 888 000 13
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